French spies : d'OSS117 à...

French spies : d'OSS117 à Largo Winch


French spies : d'OSS117 à Largo Winch

Est-il encore besoin de préciser que 007, le très gracieux agent de sa Majesté, a généré d'innombrables émules cinématographiques (pas toujours du meilleur goût, d'ailleurs) aux quatre coins de la planète. Et bien sûr, la France n'est pas exempte de cette boulimie d'espionnage... 

Par Bruno Baube

Une p'tite piqûre de rappel, ça n'fait jamais d'mal, même si c'est vous faire injure que d'enfoncer une porte ouverte. Allez, tant pis, j'me lance : la première apparition de James Bond au cinéma date de 1962 avec James Bond contre Docteur No (j'occulterai volontairement Casino Royale, un téléfilm américain au scénario indigent, qui date de 1956, et qui est passé relativement inaperçu à l'époque ). Avec le modeste succès de cette première mission, l'agent 007 s'en est vu confié une deuxième, Bons Baisers de Russie en 1963, puis une troisième, Goldfinger, en 1964. C'est cette troisième mission qui suscitera l'hystérie autour du personnage de James Bond, la fameuse "Bondmania" et avec elle, un engouement certain pour les agents secrets.

On peut donc humblement considérer cette date - 1964  - comme historique pour le cinéma d'espionnage et affirmer qu'il y a un "avant 1964" avec des films presque tous en noir & blanc à l'ambiance terne et à la lumière grisâtre, et un "après 1964" avec sa cohorte de films en couleurs aux destinations beaucoup plus exotiques... 

Puisqu'on est ici pour parler des "espions à la française", parlons – en !

Avant 1964, quelques sagas d'espionnage ( naissantes ou affirmées ) occupaient déjà le terrain.

Procédons par ordre chronologique.              

            1948 est l'année de naissance cinématographique de Slim Callaghan, un cousin du célèbrissime  Lemmy Caution (les deux agents sont d'ailleurs tous les 2 nés de la plume prolifique de l'écrivain britannique Peter Cheyney ) . Vous ne manquerez pas de me faire remarquer qu'avec des noms comme ça, on va avoir du mal à croire que ce sont des agents français. Effectivement, vous avez raison, les 2 hommes sont des  "policiers" américains mais à leur décharge ils parlent français ( avec un charmant accent anglais ), résolvent des énigmes à la française dans un cinéma à la française assez caractéristique de l'époque. Le premier, Slim Callaghan, est plus détective privé qu'agent secret et enquête sur des vols de diamants, de bijoux ou des arnaques à l'assurance. Sa carrière littéraire a commencée en 1938 ), celle sur les écrans français s'étalera sur 4 films entre 1956 et 1960 et sera personnifié par le blondinet Tony Wright.

Le second, Lemmy Caution, alors que sa naissance littéraire, elle, date de 1936, débute sa carrière cinématographique dans un film à sketches de 1952, Brelan d'As, personnifié par le débonnaire John Van Dreelen, avant d'être incarné, dès 1953, par le séducteur désinvolte Eddie Constantine, dans pas moins de 10 films et 2 téléfilms ( jusqu'en 1991 s'il vous plait ! ).

               1957 semble ensuite être une année prolifique pour les agents secrets de fiction.

               Cette année-là, Hubert Bonnisseur de la Bath alias OSS117, un agent de la CIA aux lointaines origines françaises, fait son apparition, et le tout premier opus de ce qui deviendra la plus marquante des séries d'espionnage françaises "post-64"  se nomme OSS117 n'est pas mort, avec l'interprétation ma foi très convaincante d'Ivan Desny en agent secret sur la piste d'un vol de documents.

               1957 verra naître 1 autre saga, moins marquante celle-là, mais tout aussi caractéristique de la production française du moment...  

               Le Coplan cinématographique entre donc en jeu dans Action immédiate, une affaire de vol de documents secrets à la Défense Nationale (comme dans OSS117 n’est pas mort , dites donc !), avec Henri Vidal dans le rôle de l'agent français.

A l'instar de son illustre "collègue" cité plus haut, Francis Coplan reviendra après 1964 dans plusieurs longs métrages... 

               En 1958, le personnage de Géo Paquet dit le Gorille, imaginé quatre ans auparavant par l'écrivain Dominique Ponchardier, voit le jour dans Le Gorille vous salue bien. Lino Ventura incarne l'agent français de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) aux prises avec des espions voleurs de documents secrets (encore ? Non, décidément y'a d'ces coïncidences ! ).

               1959, excellente année au demeurant, et pas seulement pour les breuvages à base de raisins, est l'année de la valse... Je veux parler du deuxième opus de la saga du Gorille, La valse du Gorille, où cette fois Roger Hanin donne du poing (voyez l'affiche du film...) dans une sombre histoire de formule secrète jalousée par les services secrets de tous les pays.

               Arrive l'année 1961, un an avant l'avènement cinématographique de notre agent préféré, où une autre série d'espionnage française, plus modeste celle-là mais toute aussi digne d'intérêt, met en avant les missions du commandant Dromard, le Monocle, agent du Deuxième Bureau, les services de renseignement de l'armée française (l'ancêtre du SDECE, le Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage, puis de la DGSE, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure). Cet agent à l'allure toute britannique (le monocle y est pour beaucoup) chasse les néo-nazis ou enquête sur des attentats dans le monde de la recherche atomique dans trois films réalisés entre 1961 et 1964...

               Puis voici 1962 avec Le Gorille a mordu l'archevêque, le troisième volet des aventures de l'agent "simiesque", toujours interprété par notre Roger national...oui, oui, Hanin, pas l'autre !

               En 1963, James Bond, qui n'est pas encore au mieux de sa forme, en est à sa deuxième mission avec Bons Baisers de Russie. Hubert Bonisseur de la Bath entame aussi sa deuxième aventure : OSS117 se déchaîne. Notre héros mène son enquête sur un système de détection des sous-marins atomiques.

Toujours en 1963 apparaît dans le paysage cinématographique français un modeste directeur d'agence publicitaire du nom de Stanislas qui devient espion contre son gré dans L'honorable Stanislas, agent secret. C'est le fougueux Jean Marais qui l’incarne dans ce film désuet qui a plutôt mal vieilli. Il reviendra deux ans plus tard dans un autre film, mais ça, c'est après...1964 !

               Arrive donc cette année de la folie bondienne avec ses cohortes de belles filles, de gadgets et de sublimes voitures. Finies les atmosphères étriquées et enfumées, les bars miteux et les poules de luxe à 10 sous. Désormais, les histoires d'espionnage vont subir un lifting. À nous les voyages de rêve, les casinos accueillants et les filles à vous couper le souffle.

               La série des OSS117 prend un petit goût exotique : destination Bangkok, Bahia ou Tokyo dans quatre films tournés jusqu’en 1968. Tour à tour, OSS117 y affronte un savant fou, enquête sur des attentats suicides, sur l'explosion d'une base américaine ou infiltre une organisation criminelle. Hubert est aussi le personnage central d'un autre film sorti en 1971, Pas de vacances pour OSS117… mais le scénario est tellement indigent et le jeu d'acteur si déplorable (Luc Merenda en tête) qu'il dénote dans l'ensemble de la saga.

Justement, hors "saga officielle", il faut ajouter un téléfilm également tourné en 1971 : OSS117 tue le Taon, où Hub. est confronté à la disparition d'un savant et de ses proches. Si l'essentiel de la série a en fait été tournée juste après la Bondmania (de 1964), elle fut  remise au goût du jour il y a voilà quelques années avec l'interprétation comique (trop peut être!) de l'oscarisé Jean Dujardin.

               Après le "boss" (laissons de côté le jeu de mots facile...BOSS...OSS et considérons OSS117 comme le chef de file des espions à la française), revenons maintenant sur le parcours des "seconds couteaux".

 

               Suite au long métrage de 1957, Action immédiate, qui, il faut bien le dire, est aujourd'hui un peu dépassé, la saga Coplan s'est passablement dépoussiérée en passant à la couleur et en s'expatriant dans des lieux un peu plus glamours (Italie, Mexique ou Iran) via trois films. La télévision s'est ensuite emparée du personnage entre 1989 à 1991 pour cinq téléfilms dont le succès plus que modeste "empêcha" le tournage d'un sixième pourtant prévu.

               Stanislas,autre agent "secondaire" qui était apparu en 1963, s'est vu relifté en 1965 avec Pleins feux sur Stanislas. Mais ces aventures un peu ternes (d'ailleurs toujours filmées en noir et blanc) n'engendreront pas de suite...

               Forte des aventures du Gorille quelques années auparavant, notre Roger à nous (le seul, le vrai, l'unique Roger Hanin) s'est vu attribué les missions d'un autre agent au surnom animalier, le Tigre, durant trois long métrages réalisés jusqu’en 1966. Malheureusement une tentative d'exotisme (la deuxième mission se déroule en Guyane) et un changement de nom (Louis Rapière dans les deux premiers opus et Julien Saint-Dominique dans la troisième) n'ont pas réussi à susciter, sauf peut-être chez les doux-dingues afficionados (j'en suis), un quelconque intérêt...

               En 1966, une autre saga voit le jour et étoffe un catalogue "d'espionnades" déjà bien fourni : celle de Marc Saint Clair dit le Judoka.

               A la fin des années 60, la vague des films d'espionnage (en France et en Europe d'une manière générale où on les appelle les Eurospys ) retombe. Seuls quelques irréductibles tiennent bon la barre, avec en tête l'incontournable James Bond, mais aussi Jason Bourne, Ethan Hunt ou autre Jack Ryan, pour ne parler que des héros récurrents (je ne m'étendrai pas sur les parodiques Austin Powers ou Johnny English).

               En France, une saga apparue au début des années 70, celle du Grand Blond, met en scène dans deux films un violoniste un peu original qui devient agent secret malgré lui.

Depuis, les sagas d'espionnage ne font plus recette. L'exception qui confirme la règle est bien sûr le dyptique formé par les OSS117 personnifiés par Jean Dujardin.

 

 

 

 

 

 

Si on élargit le propos au cinéma d'aventure, on vient d'assister dernièrement aux tribulations d'un "baroudeur", Largo Winch, où les courses poursuites effrénées, les combats et les cascades aériennes fondent un nouveau classique du cinéma d'action ! Ça ne vous rappelle rien ?

FILMOGRAPHIE « ESPIONNITE AIGUE »

- Saga Slim Callaghan de Willy Rozier avec Tony Wright :        

                A Toi de Jouer Callaghan 1954

                Plus de Whisky pour Callaghan 1955

                Et Par Ici la Sortie 1956

                Callaghan Remet ça 1960

- Saga Lemmy Caution avec Eddie Constantine :        

                Brelan d'As d'Henri Verneuil 1952

                La Môme Vert-de-Gris de Bernard Borderie 1952

                Les Femmes s'en Balancent de Bernard Borderie 1953

                Cet Homme est Dangereux de Jean Sacha 1953

                Vous Pigez ? De Pierre Chevalier 1956

                Comment Qu'elle Est de Bernard Borderie 1960

                Lemmy Pour les Dames de Bernard Borderie 1962

                A Toi de Faire Mignonne de Bernard Borderie 1963

                Alphaville de Jean Luc Godard 1966

                Les Grands Détectives tvfilm d'Alexandre Astruc 1975

                Le Retour de Lemmy Caution tvfilm de Josée Dayan 1989

                Allemagne 90 Neuf Zéro de Jean Luc Godard 1991                

- Saga OSS117 :  

                OSS117 N'Est Pas Mort de Jean Sacha avec Ivan Desny 1957

                OSS117 Se Déchaîne d'André Hunebelle avec Kerwin Mathews 1963

                Banco à Bangkok pour OSS117 d'André Hunebelle avec Kerwin Mathews 1964

                Furia à Bahia pour OSS117 d'André Hunebelle avec Frederick Stafford 1965

                Atout cœur à Tokyo pour OSS117 de Michel Boisrond avec Frederick Stafford 1966

                Pas de Roses pour OSS117 de Jean Pierre Desagnat avec John Gavin 1968

                OSS117 Prend des Vacances de Pierre Kalfon avec Luc Merenda 1969

                OSS117 Tue le Taon tvfilm d'André Leroux avec Alan Scott 1971

                OSS117 Le Caire Nid d'Espions de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin 2006

                OSS117 Rio Ne Répond Plus de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin 2009

- Saga Coplan :      

                 Action Immédiate de Maurice Labro avec Henri Vidal 1957

                 Coplan Prend des Risques de Maurice Labro avec Dominique Paturel 1964

                 Coplan Agent Secret FX18 de Maurice Cloche avec Ken Clark 1964

                 Coplan FX18 Casse Tout de Riccardo Freda avec Richard Wyler 1965

                 Coplan Ouvre le Feu à Mexico de Riccardo Freda avec Lang Jeffries 1967

                 Coplan Sauve sa Peau d'Yves Boisset avec Claudio Brook 1968

                 + 5 tv films avec Philippe Caroit entre 1989 et 1991

- Saga le Gorille :

                 Le Gorille Vous Salue Bien de Bernard Borderie avec Lino Ventura 1958

                 La Valse du Gorille de Bernard Borderie avec Roger Hanin 1959

                 Le Gorille A Mordu l'Archevêque de Maurice Labro avec Roger Hanin 1962

- Saga le Monocle :

                 Le Monocle Noir de Georges Lautner avec Paul Meurisse 1961

                 L'Oeil du Monocle de Georges Lautner avec Paul Meurisse 1962

                 Le Monocle Rit Jaune de George Lautner avec Paul Meurisse 1964

- Saga Stanislas :

                 L'Honorable Stanislas Agent Secret de J C Dudrumet avec Jean Marais 1963

                 Pleins Feux sur Stanislas de J C Dudrumet avec Jean Marais 1965

- Saga Le Tigre :  

                 Le Tigre se Parfume à la Dynamyte de Claude Chabrol avec Roger Hanin 1965

                 Le Tigre Aime la Chair Fraîche de Claude Chabrol avec Roger Hanin 1964

                 Le Tigre Sort sans sa Mère de Mario Maffei avec Roger Hanin 1966

- Saga le Judoka :

                 Le Judoka Agent Secret de Pierre Zimmer avec Marc Briand 1967

                 Casse-Tête Chinois pour le Judoka de Pierre Zimmer avec Marc Briand 1967

- Saga Le Grand Blond d'Yves Robert avec Pierre Richard

                 Le Grand Blond avec une Chaussure Noire 1972

                 Le Retour du Grand Blond 1974

 

F comme Flint

F comme Flint

Our Man FlintF COMME FLINT

Au rayon des kitcheries parodico-pasticho-bondiennes, Derek Flint tient une place de choix. Autant Matt Helm y joue le
rôle du pitoyable clown de service, autant Flint nous surprend par son charisme.

Derek Flint par McGinnispar Bruno BAUBE

Créé pour surfer sur la vague de la “ James Bond mania ” du début des années 60, Flint est expert en arts martiaux et en techniques de survie. Il contrôle entre autres son corps jusqu’à pouvoir mettre ses fonctions métaboliques en sommeil pour feindre la mort dans certaines circonstances.

En permanence entouré de jolies filles, Flint ne dédaigne pas la bagarre. Adepte des gadgets, il possède entre autre une montre-réveil-microscope que n’aurait pas dédaigné mister “ Q ” lui-même... Ajoutons à cela son caractère plutôt flegmatique (qualité d’habitude réservée aux grands bretons…) pour un américain.

Deux films ont mis en scène notre héros : Notre Homme Flint, réalisé par Daniel Mann en 1966, et F comme Flint, réalisé par Gordon Douglas en 1967. Dans le premier long métrage, Flint est opposé à trois savants fous qui veulent régner sur le monde en contrôlant le climat.

Dans le second, il vient déjouer les plans d’une organisation qui tente de laver le cerveau de la gent féminine (qui a dit : pourquoi on ne la laisse pas faire ?) et menace de remplacer le président des Etats-Unis par un clone. Flint

Il faut bien admettre que la trame de fond de ces deux scenarii frôle la dérision. Aujourd’hui, il ne viendrait à l’idée de personne de combattre la folie des hommes (le contrôle du climat) afin de préserver notre planète ni même de cloner le Président, bien sûr que non… Mais soyons sérieux et revenons à notre Derek.

Flint Girls

 Dressons un petit florilège de situations bondiennes : des génériques de films “ à la Maurice Binder ” (avec un petit brin d’érotisme) ; un supérieur hiérarchique qui veut affubler Flint d’un Walther PPK avec silencieux ; une organisation criminelle porte le doux nom de SPECTRE ; un repaire de méchant dans une île (apparemment) paradisiaque (où les femmes se promènent en maillot de bain et sont conditionnées pour donner du plaisir (rien que du plaisir) à la gent masculine ; une partie de golf avec des balles truquées ; une grande partie de film se situant dans l’espace (bagarre avec le méchant, explosion du vaisseau spatial, réconfort du héros dans les bras de deux mignonnes cosmonautes soviétiques)…

Bref, tous les ingrédients de la parodie sont là, et ce n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire…Un petit bémol cependant. On aurait aimé que le sieur Flint soit britannique, avec tout ce que cela implique de dérision et de burlesque non sensique (!). On sent ici le pur produit américain à plein nez. Flint au combat

Pour preuve, une scène où Flint imite la célèbre affiche dans laquelle on voit l’oncle Sam pointer son doigt vers le spectateur, accompagnant le slogan “ America Needs You ”. Dommage…

Mais ne boudons pas notre plaisir : la série des Flint est un excellent pastiche bondien. James - Derek Flint - Coburn, un habitué des westerns, est ici plus que bondissant, et les (nombreuses) filles sont (très) jolies.

Notre Homme FlintPour les accros, je signale que les deux films sont disponibles en DVD chez 20th Century Fox Home Entertainment (et ce depuis 2002, année du décès de James Coburn). Derek Flint

                                F comme Flint

Matt Helm : trop rire n'est...

Matt Helm : trop rire n'est pas jouer

MATT HELM : TROP RIRE N'EST PAS JOUER

Matt Helm Agent Très SpécialC’est en parcourant un de mes ouvrages favoris sur les parodies de James Bond sur grand écran que m’est venu l’idée, que dis-je… l’envie…, de vous entretenir de l’une des plus pâles copies de 007, et le mot est faible, je veux parler de Matt Helm.

par Bruno BAUBE

La création littéraire de Donald Hamilton a vu le jour en 1960.

Jusqu’au milieu des années 80, suivront une vingtaine de romans, mettant en scène l’ancien agent de l’OSS (ancêtre de la CIA) devenu tueur cynique et violent au service d’une agence gouvernementale.Murderers Row

 

 Dans les années 60, Bondmania oblige, le cinéma s’empare de Matt Helm pour concurrencer 007.

La transposition des romans à l’écran est un ratage sans nom, cinématographiquement parlant.

 Pour incarner le beau Matt, le producteur Irving Allen choisit un acteur notoirement alcoolique dont le jeu cinématographique est proche du mannequin bien qu’il ait une voix à faire tomber les midinettes effarouchées (pardon pour ses partenaires féminines).

 Je veux parler du “ grand ” Dean Martin. Il n’est pas sûr que Donald Hamilton ait donné son accord pour voir ainsi transformer sa créature.

Matt Helm Girls

 Toujours est-il que Matt Helm devient un dragueur impénitent, prêt à faire feu sur tout ce qui bouge, notamment dans Matt Helm Agent Très Spécial (The Silencers - Phil Karlson – 1965).

Matt Helm Traqué Le succès financier étant au rendez-vous, trois autres volets suivent dans la foulée : Bien joué Matt Helm (Murderers’ Row – Henry Levin – 1966 ), Matt Helm Traqué (The Ambushers – Henry Levin – 1967) et Matt Helm Règle son compte (The Wrecking Crew – Phil Karlson – 1969).

Cette fois, le public, lassé des “martinades”, n’est pas au rendez-vous. Le cinquième film annoncé (“ Next View ” peut-on lire au générique) n’est jamais tourné…

Quelques morceaux de bravoure. On passera sur les cigarettes fléchettes utilisées par le beau Matt (007 était plus plausible dans On ne vit que deux fois…), sur les décors miteux et les arrières plans de pacotilles comme sur les trop-pleins de boite de nuit psychédélique à la Austin Powers. Matt Helm règle son compte

On oubliera également certaines explosions : celles qui tuent des hommes (surtout les méchants) ne sont pas montrées à l’écran. La caméra détourne son objectif… vous pensez, quelle horreur ! Celles qui endommagent de bâtiments semblent des feux de boites d’allumettes.

Quand Matt se bagarre, on assiste à des caresses d’éphèbes, plutôt qu’à des empoignades viriles.

La plupaBien Joué Matt Helmrt des pistolets employés mériteraient d’avoir une place de choix au concours Lépine (un transforme les ennemis en glaçons tandis qu’un autre envoie un rayon capable de soulever une bouteille de whisky, de remplir un verre et d’amener ledit verre, en suspension dans l’air, à son destinataire…).

On pouffe de rire à la vue de ces cigarettes qui projettent des gaz hilarants capables de “décimer” un peloton d’exécution entier. Bref, des gadgets que même le sieur Moore aurait reniés. Et la liste des galéjades, volontaires ou non, est loin d’être bouclée, loin s’en faut…   

                The Silencers